Corinne Landreau

Brûler pour révéler une Nature ensevelie


Autodidacte, depuis une vingtaine d’années, dans un geste quotidien, je brûle, pyrograve et sculpte toute sortes de bois dans mon grenier transformé en atelier. J’aime à explorer le bois comme révélateur d’une Nature primaire et imaginaire.
Rondeaux, écorces ou souches d’arbres, bois recyclés ou flottés, portes et volets rongés par le temps ou abandonnés constituent ma matière première.         

Je ponce de grands formats de contreplaqués pour faire remonter à la surface la couleur de la colle qui se décline – imprévisible - en rose, en vert ou en jaune. J’enlève des couches, je creuse des formes, j’ajoute une touche de peinture. Parfois, ce sont de grandes planches de merisier ou de peuplier dans lesquelles je laisse apparaitre les rainures et les nœuds, je les sculpte au ciseau à bois ou à la tronçonneuse pour faire ressortir la matière en creux.

Ce rituel accompli, j’esquisse au crayon de papier un dessin sorti de mon imagination. Alors, commence le travail de pyrogravure. J’utilise différentes pointes qui me permettent d’obtenir toute une gamme de nuances de brûlures.


Dans l’intimité de mon atelier, j’aime me laisser surprendre par ce que le bois propose, par ce qu’il cache et, au gré de la pointe chauffée de mon pyrograveur, je m’engouffre dans des formes organiques, racines, coraux, viscères,  bestiaires médiévaux, oiseaux hybrides, forêts suspendues…

Le bois comme fossilisé révèle alors une Nature enfouie, qui renaît dans les volutes de fumée - Nature fantasmée et mythologique – comme protégée pour l’éternité entre ombre et lumière.